Punyakoti: L’histoire de la vérité

Bonjour tout le monde, je vais vous raconter un conte populaire qui s’appelle Punyakoti, la vache. Cette fable provient de l’état de Karnataka en Inde et date des années 1800. Ce conte est très populaire parmi les gens qui parlent la langue kannada, la langue officielle de Karnataka. Comme le conte date d’il y a très longtemps, il n’y en a pas de version originale, et donc il en existe plusieurs versions ! Le conte était en forme de poème qui est aussi appelé « l’histoire de la vérité ».

Il était une fois une forêt dense où habitait un éleveur avec un grand troupeau de vaches. Un jour, Kalinga, le vacher jouait à la flute sous un manguier avec son bétail. Il l’appela tendrement pour le traire. Ensuite, les vaches marchèrent tout gracieusement dans la forêt pour paitre ; cette scène ressemblait à un grand nuage qui planait dans le ciel quand elles se bougeaient. Les bovins se nourrirent de l’herbe la plus verte au milieu des plantes dans la vallée.

Punyakoti: L’histoire de la vérité.
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Vers le soir, l’éleveur commença à rentrer vers l’étable et au cours de cette longue marche, il passa près d’une énorme roche, là où habitait le tigre appelé Arbhuta, qui commençait à avoir faim. Quand le troupeau arriva à la roche, le tigre hurla et sauta sur les vaches. Elles coururent et donc le tigre ne put pas les attraper.

Cependant, Punyakoti, l’une des vaches qui s’attarda après les autres, eut très peur… Elle pensait à son veau, affamé, et elle voulait le nourrir et, perdue dans ses pensées, elle ne se rendit pas compte que le tigre l’attendait à l’arrière de la roche. La bête féroce se jeta devant la vache, contente d’avoir trouvé son repas, elle hurla en lui disant qu’elle allait la dévorer. Punyakoti trouva rapidement le courage de lui demander la permission d’aller nourrir son petit une dernière fois.

Arbhuta rit et lui demanda si elle le prenait pour un fou ; puisque laisser sa proie s’en aller équivalait à la libérer. Mais la vache insista et promit qu’elle reviendrait après avoir nourri son veau. En fin, le tigre relâcha la mère du veau.

Punyakoti arriva à l’étable, nourrit son veau et une fois qu’il eût bu du lait, elle lui expliqua la situation et lui dit qu’elle devait revenir auprès du tigre, comme promis. Le veau pleura et l’implora de rester avec lui car il ne savait pas vers qui aller quand il aurait faim, car il ne savait pas avec qui rester, car il n’aurait pas de mère près de qui se coucher la nuit, car il ne savait pas qui le guiderait dans la vie. Les autres vaches lui interdirent de repartir vers le cruel tigre.

Mais elle insista et s’opiniâtra à tenir sa promesse car pour elle, la vérité était son Dieu. Elle implora les autres de s’occuper de son petit et leur demanda de ne pas frapper son veau quand il s’approcherait d’elles, car il serait bientôt orphelin. Pour une dernière fois, Punyakoti prit son veau dans ses bras car c’était l’heure de partir pour toujours !

Punyakoti: L’histoire de la vérité.
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Tout affamé et frustré d’avoir laissé aller sa proie, le tigre attendait la vache qui arriva à sa grotte et s’offrit au tigre pour qu’il puisse se rassasier. Elle dit « Mon cher veau a bu mon lait et je lui ai dit adieu. Je suis à toi, ma chair est à toi, que tu calmes ta faim! »

Étonné par les paroles de la vache, le tigre réfléchit bien et dit « si je me nourrirais de toi, je serai maudit par Dieu ! Ce serait mieux de mourir de faim que de satisfaire ma faim d’un être vivant aussi noble que toi! » La vache, tout stupéfaite, lui demanda de la manger, car elle avait rempli son devoir envers son petit et elle était prête pour lui. Profondément ému, Arbhuta, larmes aux yeux, salua Dieu et sauta du bord de la falaise et mourut.

Punyakoti retourna vers son petit veau qui était ravi de la revoir et les deux vécurent heureux à jamais !

Donc, quelle est votre partie préférée du conte ? Celle de la bravoure de Punyakoti, celle de l’amour entre la mère et son veau ou bien celle du changement d’attitude du tigre ? À vous d’y réfléchir !

Sagar R Gangwani

Corrections par M. Amaury LAROCHE.

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